Sur un chantier de paysage, l'accident le plus fréquent n'est pas spectaculaire. C'est un éclat de pierre projeté par une débroussailleuse dans un œil sans lunettes, un genou ouvert par une chaîne de tronçonneuse sur un jean, une cheville tordue dans une basket sur un talus. Des blessures que l'équipement de protection individuelle (EPI) aurait évitées ou fortement réduites.
Le sujet paraît simple, mais il pose des questions très concrètes à l'employeur : qu'est-ce qui est vraiment obligatoire ? Qui paie ? Quelle norme vérifier à l'achat ? Que faire du salarié qui retire sa visière parce qu'il a chaud ? Cet article fait la liste par métier, de la tonte à l'élagage en passant par la maçonnerie paysagère, et donne les règles pour gérer la dotation sans y passer ses soirées.

Le Code du travail ne contient pas de « liste officielle » d'EPI pour le paysage. Il pose un principe : l'employeur évalue les risques de chaque poste et fournit les équipements qui protègent contre ceux qui n'ont pas pu être supprimés à la source. La liste dépend donc de votre document unique d'évaluation des risques (DUERP) : c'est lui qui justifie qu'un poste reçoit tel équipement.
Quelques règles ne se discutent pas :
Rappel important : l'EPI vient en dernier dans la logique de prévention. Avant de doter quelqu'un d'un casque anti-bruit, la réglementation attend qu'on se demande si une machine moins bruyante, un souffleur sur batterie ou une organisation différente ne réduit pas l'exposition. Les textes de référence se trouvent dans le Code du travail sur Légifrance, et l'INRS publie des fiches pratiques par type d'équipement.

C'est le poste le plus courant et celui où l'on relâche le plus l'attention, parce qu'il paraît sans danger. Il cumule pourtant quatre risques quotidiens : projections, bruit, vibrations et coupures.
Le socle commun, valable pour tout ouvrier paysagiste sur un chantier :
Pour la débroussailleuse et le coupe-bordure, on ajoute :
Pour le taille-haie et le souffleur, mêmes protections auditives et oculaires. Le souffleur projette poussières et graviers à hauteur de visage : les lunettes ne sont pas optionnelles. Quant à la tondeuse autoportée, on oublie souvent qu'elle expose aussi au bruit et aux vibrations sur la durée d'une journée complète.

C'est la catégorie où l'équipement est le plus normé, parce qu'une erreur ne pardonne pas. On distingue l'utilisateur de tronçonneuse au sol et le grimpeur-élagueur.
Au sol, pour tout travail à la tronçonneuse (abattage, tronçonnage, débitage) :
Un point que beaucoup d'équipes ignorent : le pantalon anti-coupure protège parce que ses fibres longues se laissent arracher et bloquent le pignon de la chaîne. Dès qu'une coupure a atteint ces fibres, le vêtement doit être remplacé, même s'il paraît encore portable. Un pantalon recousu ne protège plus.
En hauteur, pour le grimpeur-élagueur, on ajoute :
Les équipements de protection contre les chutes de hauteur doivent faire l'objet de vérifications périodiques, au moins annuelles, par une personne compétente, avec une trace écrite. C'est aussi un poste où la formation est indissociable de l'équipement : voir le calendrier des formations de l'équipe, dont le grimpeur-élagueur. Pour l'équipe au sol pendant un démontage, le casque est obligatoire dans toute la zone de chute.

Les chantiers de création (terrassement, dallage, murets, pose de bordures, arrosage) exposent à d'autres risques : écrasement, charges lourdes, poussières et postures à genoux.
Pour la conduite d'engins (mini-pelle, chargeuse, tracteur), le conducteur porte ses chaussures de sécurité et sa ceinture, et les personnes à pied autour de l'engin portent un vêtement haute visibilité. L'EPI ne remplace pas la règle essentielle : personne dans le rayon d'action de l'engin.

Les produits phytosanitaires, quand l'entreprise en utilise encore (le plus souvent chez des clients privés ou pour des usages autorisés), imposent un équipement spécifique, à choisir d'après l'étiquette et la fiche de données de sécurité du produit :
Ces EPI se stockent à part, hors du local où sont rangés les produits, et se nettoient ou se jettent selon leur notice. Le sujet rejoint celui du local phytosanitaire et du contrôle du pulvérisateur.
La chaleur n'appelle pas d'EPI au sens strict, mais elle change la façon de porter les autres. Un pantalon anti-coupure ou une combinaison en juillet sur un chantier de débroussaillement exposé, c'est un risque de coup de chaleur. La réponse passe par l'organisation (horaires décalés, eau fraîche, pauses à l'ombre) plutôt que par le retrait de la protection, et par des modèles plus respirants quand ils existent.
Les risques biologiques, enfin, sont bien réels dans le Var : chenilles processionnaires du pin (lunettes étanches, gants, combinaison jetable et masque lors des interventions sur les nids), tiques en débroussaillage (vêtements longs, répulsif, contrôle en fin de journée), piqûres d'hyménoptères. Ils doivent figurer dans l'évaluation des risques et dans la dotation de l'équipe concernée.

Le vrai sujet n'est pas d'acheter des EPI, c'est de savoir à tout moment qui a quoi, en quel état, et s'il le porte.
Tenir un registre de dotation. Un simple tableau suffit : nom du salarié, équipement remis, taille, date de remise, signature. Il prouve la fourniture et sert de base aux renouvellements. Faites signer à chaque remise, y compris pour les saisonniers et les apprentis.
Prévoir les renouvellements. Chaque EPI a sa durée de vie, fixée par le fabricant dans la notice : casques, harnais et cordes ont une date limite d'utilisation à compter de la fabrication, cartouches filtrantes et bouchons d'oreille sont des consommables. Un contrôle visuel avant chaque utilisation, et une revue de tout le stock en fin d'hiver, avant la reprise de la saison, couvrent l'essentiel.
Écrire les règles de port. Une consigne simple, affichée au dépôt et rappelée dans les fourgons : quel équipement pour quelle machine. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le règlement intérieur précise ces obligations ; en dessous, une note de service fait l'affaire. Le salarié a lui aussi une obligation de sécurité : un refus répété de porter un EPI fourni peut justifier une sanction disciplinaire. Mais en pratique, la meilleure garantie reste l'exemple du chef d'équipe et des équipements confortables, à la bonne taille.
Se servir de l'équipement comme argument. Les syndics de copropriété, les collectivités et certains clients professionnels regardent de plus en plus la sécurité des entreprises qu'ils font intervenir. Une équipe équipée et identifiable sur un chantier, c'est aussi une image. Pour les autres sujets de sécurité du chantier, retrouvez la page Équipement, EPI & sécurité chantier, et pour le cadre employeur plus large, la convention collective du paysage.
Quand une commune du Var atteint son seuil de demandes, elle est proposée à une seule entreprise - la première qui répond. Laissez votre e-mail pour être averti dès qu'une commune s'ouvre, avant qu'un confrère ne la prenne.
Message envoyé.
Nous répondons sous 24 heures ouvrées, à l'adresse que vous venez d'indiquer. Pensez à regarder vos indésirables : la première réponse y atterrit souvent.
Objet : Prochaine commune - être tenu au courant
L'employeur, intégralement. Les équipements de protection individuelle sont fournis gratuitement au salarié, entretenus et remplacés aux frais de l'entreprise. Il est interdit de les facturer, de les retenir sur salaire ou de verser une prime pour que le salarié les achète lui-même. Cela vaut aussi pour les saisonniers en CDD et les apprentis.
Les règles d'obligation de l'employeur visent la protection des salariés. Un indépendant qui travaille seul n'a pas d'employeur pour lui imposer une dotation, mais il reste exposé aux mêmes risques, et son assureur ou un donneur d'ordre peuvent exiger un équipement conforme sur leur chantier. Dans les faits, les mêmes EPI s'imposent : la tronçonneuse ne fait pas la différence entre un salarié et un dirigeant.
Un pantalon certifié selon la norme EN ISO 11393 (ex-EN 381), de classe adaptée à la vitesse de chaîne de vos machines. La classe 1 couvre jusqu'à 20 m/s, ce qui suffit pour la majorité des tronçonneuses de paysage ; vérifiez la vitesse donnée par le fabricant. Pour un usage régulier, préférez une protection sur tout le tour de jambe. Après toute coupure ayant atteint les fibres, remplacez-le.
En pratique, oui. La réglementation impose de mettre des protections auditives à disposition dès 80 dB(A) d'exposition quotidienne et de veiller à leur port à partir de 85 dB(A). Une débroussailleuse ou un souffleur thermique utilisé plusieurs heures par jour dépasse ces seuils. Les fiches techniques des machines indiquent leur niveau sonore, utile pour l'évaluation des risques.
Oui. Les équipements de protection contre les chutes de hauteur, dont les harnais d'élagage, font l'objet d'une vérification au moins annuelle par une personne compétente, en plus du contrôle visuel du grimpeur avant chaque utilisation. Gardez une trace écrite de chaque vérification et respectez la durée de vie maximale indiquée par le fabricant, même pour un harnais qui paraît en bon état.
D'abord comprendre pourquoi : taille inadaptée, inconfort, chaleur, gêne pour travailler. Un équipement mieux choisi règle souvent le problème. Ensuite, rappeler la règle par écrit (note de service ou règlement intérieur). Si le refus persiste malgré un équipement adapté, il peut justifier une sanction disciplinaire, car le salarié a lui aussi une obligation de sécurité. Laisser faire engage la responsabilité de l'employeur en cas d'accident.
Pour un saisonnier en CDD, oui : c'est un salarié de l'entreprise, avec la même dotation que les permanents. Pour un intérimaire, l'agence et l'entreprise utilisatrice se répartissent la fourniture, mais les équipements spécifiques au poste sont en principe fournis par l'entreprise utilisatrice, sauf accord contraire. Mieux vaut le préciser au contrat de mise à disposition avant l'arrivée de la personne sur le chantier.