Embaucher son premier ouvrier paysagiste, c'est découvrir d'un coup un texte que personne n'a vraiment lu : la convention collective. Beaucoup de dirigeants la laissent au cabinet comptable, puis découvrent un écart au moment d'un contrôle MSA, d'une rupture de contrat qui tourne mal ou d'une réclamation aux prud'hommes sur des paniers repas jamais payés.
Cet article fait le tour de ce que la convention collective du paysage impose concrètement à l'employeur. Il ne remplace ni le texte ni votre gestionnaire de paie : les montants (salaires minima, indemnités) sont renégociés régulièrement par avenant, et c'est toujours la version en vigueur qu'il faut appliquer. Si vous êtes encore en phase de création, commencez par le guide pour créer son entreprise de paysagiste étape par étape.

La convention collective nationale des entreprises du paysage du 10 octobre 2008 porte l'IDCC 7018. L'IDCC est l'identifiant qui permet de la retrouver sur Légifrance ou sur le Code du travail numérique, et c'est lui que votre logiciel de paie vous demandera à la création de la fiche entreprise.
Ce qui détermine la convention applicable, ce n'est pas votre choix ni même uniquement votre code NAF (souvent 81.30Z, « services d'aménagement paysager »), mais votre activité principale réelle. Le code NAF est un indice, pas une preuve : une entreprise qui fait surtout de la création de jardins, de l'entretien d'espaces verts, de l'engazonnement ou de l'élagage d'arbres d'ornement relève en principe du paysage. Une entreprise dont l'activité dominante est la maçonnerie, même avec un peu de paysage, peut relever du bâtiment. Une entreprise surtout forestière (exploitation, abattage en forêt) peut relever d'un autre texte du secteur agricole. En cas de doute, la question se tranche avec votre expert-comptable, en regardant la répartition réelle du chiffre d'affaires et des heures.
Deux conséquences pratiques que les créateurs découvrent souvent tard :
Le bulletin de paie doit mentionner la convention applicable, et le salarié doit pouvoir en prendre connaissance. Gardez un exemplaire à jour accessible, en version numérique ou papier, et indiquez-le sur le contrat de travail.

La classification est le point de départ de tout le reste : c'est elle qui fixe le salaire minimum auquel le salarié a droit. Une erreur de classement à la baisse, même de bonne foi, génère un rappel de salaire sur toute la période concernée.
La convention organise les emplois en grandes catégories — ouvriers et employés, techniciens et agents de maîtrise, cadres — avec, pour chacune, des niveaux et des échelons. Le classement ne se fait pas sur l'intitulé du poste, mais sur des critères : la technicité des tâches, l'autonomie, la responsabilité (sur le matériel, sur une équipe, sur un chantier), et la formation ou l'expérience requise.
Concrètement, pour un employeur paysagiste, trois situations reviennent tout le temps :
Le piège le plus courant : embaucher quelqu'un comme « ouvrier » au niveau le plus bas, puis lui confier progressivement la conduite de la mini-pelle, l'élagage en hauteur ou la gestion d'un chantier seul. Le classement doit suivre les fonctions réellement exercées. Un grimpeur-élagueur qualifié payé au premier niveau, c'est un rappel de salaire en puissance. Revoyez les classements au moins une fois par an, lors de l'entretien professionnel.

Chaque niveau de la grille correspond à un salaire minimum conventionnel mensuel, négocié par les partenaires sociaux et revalorisé par avenant. Ces montants ne sont volontairement pas reproduits ici : ils changent, parfois plusieurs fois en peu de temps quand le SMIC augmente, et un chiffre périmé dans un article est pire qu'aucun chiffre. Vérifiez toujours la grille en vigueur sur Légifrance ou auprès de votre gestionnaire de paie.
Trois règles encadrent ces minima :
Le SMIC reste le plancher absolu. Quand le SMIC est revalorisé et dépasse les premiers niveaux de la grille, c'est le SMIC qui s'applique pour ces niveaux tant qu'un nouvel avenant n'a pas remonté la grille. Votre logiciel doit faire cette comparaison à chaque paie.
Le minimum se compare au salaire de base, selon les règles de la convention. Toutes les primes ne comptent pas dans la comparaison : certaines indemnités (frais de repas, de déplacement) remboursent une dépense et ne sont pas du salaire. On ne peut donc pas « compenser » un salaire de base trop bas par des paniers repas.
Les heures supplémentaires se paient en plus. Au-delà de la durée légale de 35 heures (ou du cadre d'aménagement du temps de travail prévu par la convention), elles donnent lieu à majoration ou à repos compensateur selon les règles applicables. En période de pointe — printemps pour la création, fin d'été pour le débroussaillement obligatoire dans le Var — c'est souvent là que les erreurs s'accumulent.
Pour l'employeur, le salaire conventionnel n'est que le début du coût réel d'un salarié. Charges patronales, indemnités, temps non productif, formation : c'est ce coût complet qui doit entrer dans votre prix horaire, comme expliqué dans l'article sur le taux de marge à viser en tant que paysagiste.

C'est la partie de la convention la plus souvent oubliée par les petites entreprises, et celle qui génère le plus de litiges, parce qu'elle s'accumule mois après mois sans que personne ne la voie.
Les frais de repas. Un ouvrier qui travaille sur chantier et ne peut pas rentrer déjeuner chez lui ou à l'entreprise a droit à une prise en charge de son repas, selon les modalités et le montant fixés par la convention et ses avenants. Dans une entreprise de paysage, c'est le cas de presque toutes les journées de chantier.
Les frais de déplacement et de trajet. La convention prévoit des règles pour les déplacements entre l'entreprise et les chantiers, et pour les chantiers éloignés qui imposent de découcher. Le temps de trajet pendant lequel le salarié est à disposition de l'employeur (par exemple quand il conduit le camion de l'équipe depuis le dépôt) peut constituer du temps de travail effectif. Organisez clairement le point de rendez-vous : dépôt ou chantier, ce n'est pas neutre.
La prévoyance et la complémentaire santé. Comme dans toute entreprise, une complémentaire santé collective doit être proposée aux salariés. La branche du paysage a en plus mis en place un régime de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) qui s'impose aux employeurs, avec des garanties minimales définies par accord. Dans un métier exposé aux accidents — tronçonneuse, travail en hauteur, engins — ce n'est pas une formalité.
La retraite complémentaire passe, pour le secteur agricole, par le groupe de protection sociale du monde agricole (AGRICA). Votre gestionnaire de paie le paramètre à l'affiliation.
Les équipements et la tenue de travail restent à la charge de l'employeur : EPI adaptés à chaque tâche, vêtements de travail, entretien. Ce n'est pas un avantage, c'est une obligation de sécurité.
Le bon réflexe : faire valider une fois, avec votre gestionnaire de paie, la liste des éléments variables à saisir chaque mois (jours de panier, déplacements, heures supplémentaires) et faire remplir à l'équipe une feuille d'heures qui les capture. Sans ce relevé, l'oubli est garanti.

Le temps de travail. La durée légale est de 35 heures, mais l'activité du paysage est saisonnière : beaucoup d'entreprises utilisent les possibilités d'aménagement du temps de travail (modulation ou annualisation) prévues par la convention ou par accord, pour travailler davantage au printemps et moins en plein hiver sans payer d'heures supplémentaires à chaque pic. Ce dispositif se met en place dans un cadre précis : il ne s'improvise pas en cours d'année. Les durées maximales (par jour et par semaine) et les temps de repos s'appliquent dans tous les cas.
Les intempéries. Contrairement au bâtiment, les entreprises du paysage ne relèvent pas de la caisse de congés payés et d'intempéries du BTP. Un jour de pluie où l'équipe ne peut pas travailler reste donc, en principe, à la charge de l'employeur s'il a renvoyé les salariés chez eux. D'où l'intérêt de prévoir des tâches de repli (entretien du matériel, préparation des chantiers, dépôt) et de bien utiliser l'aménagement du temps de travail. Dans le Var, ce sont autant les épisodes de forte chaleur estivale que la pluie qui obligent à réorganiser les journées.
La période d'essai. Le Code du travail fixe des durées maximales selon la catégorie (ouvriers et employés, agents de maîtrise et techniciens, cadres). La convention et le contrat peuvent prévoir des durées plus courtes ; une période d'essai doit toujours être écrite dans le contrat pour être valable.
La fin du contrat. En cas de licenciement, le salarié a droit à un préavis et, à partir de huit mois d'ancienneté, à une indemnité de licenciement au moins égale au minimum légal. Lorsque la convention prévoit des règles plus favorables (préavis, indemnité), ce sont elles qui s'appliquent. Avant toute rupture, faites vérifier le calcul : c'est un poste où une erreur coûte vite plus cher que l'indemnité elle-même.
Le texte complet, les avenants et les grilles se consultent gratuitement sur Légifrance. Pour aller plus loin sur l'emploi dans votre entreprise, retrouvez les autres articles de la page Convention collective & droit du travail.
Quand une commune du Var atteint son seuil de demandes, elle est proposée à une seule entreprise - la première qui répond. Laissez votre e-mail pour être averti dès qu'une commune s'ouvre, avant qu'un confrère ne la prenne.
Message envoyé.
Nous répondons sous 24 heures ouvrées, à l'adresse que vous venez d'indiquer. Pensez à regarder vos indésirables : la première réponse y atterrit souvent.
Objet : Prochaine commune - être tenu au courant
C'est l'IDCC 7018, qui correspond à la convention collective nationale des entreprises du paysage du 10 octobre 2008. C'est ce numéro qu'il faut renseigner dans votre logiciel de paie et sur la déclaration sociale nominative, et c'est avec lui que vous retrouvez le texte et ses avenants sur Légifrance ou le Code du travail numérique.
Non, tant qu'il n'emploie personne. Une convention collective règle la relation entre un employeur et ses salariés : un micro-entrepreneur seul n'a pas de salarié à qui l'appliquer. Elle devient applicable dès la première embauche, y compris pour un apprenti, un CDD de saison ou un temps partiel.
Non. La convention applicable dépend de l'activité principale réellement exercée par l'entreprise, pas d'un choix du dirigeant. Si votre activité dominante est le paysage, l'IDCC 7018 s'applique. Appliquer une autre convention, par exemple celle du bâtiment, expose à des rappels de salaire et d'indemnités si le salarié conteste.
Lorsque le salarié travaille sur un chantier et ne peut pas regagner son domicile ou l'entreprise pour déjeuner, la convention prévoit une prise en charge des frais de repas, selon des conditions et un montant fixés par le texte et ses avenants. Ne pas la verser expose à une réclamation portant sur plusieurs années de paniers non payés.
À la MSA. Les entreprises du paysage relèvent du régime de protection sociale agricole : les cotisations de l'employeur et des salariés sont déclarées et payées à la MSA. La formation professionnelle relève de l'OPCO OCAPIAT et la retraite complémentaire du groupe AGRICA.
Il peut réclamer la différence entre le salaire perçu et le minimum du niveau qui correspond aux fonctions qu'il exerce réellement, sur toute la période non prescrite. Le classement s'apprécie sur les tâches effectives, pas sur l'intitulé du poste. D'où l'intérêt de revoir les classements chaque année, surtout quand un ouvrier monte en compétences.
Sur Légifrance, en cherchant l'IDCC 7018 : les avenants salariaux y sont publiés après leur signature et leur extension. Le Code du travail numérique et votre logiciel de paie donnent aussi les minima en vigueur. Méfiez-vous des grilles trouvées sur des sites tiers sans date : elles sont souvent périmées.