Deux assurances, deux régimes différents, et une confusion qui coûte cher dans les deux sens : payer une décennale sur un chantier qui n'en a pas besoin, ou répondre "j'ai ma RC pro" à un client qui demande une décennale sur un muret.

Non, pas systématiquement. La garantie décennale (loi Spinetta, articles L241-1 et L242-1 du Code des assurances) s'impose à tout constructeur dont les travaux engagent la solidité ou la destination d'un ouvrage — au sens juridique du terme, pas au sens courant de "chantier".
Concrètement, ça couvre les éléments qui touchent à la structure ou à l'étanchéité :
Un entretien d'espaces verts pur — tonte, taille, désherbage, plantation simple, paillage — ne constitue pas un ouvrage au sens de la loi. Il relève de la responsabilité civile professionnelle (RC pro), pas de la décennale. Beaucoup d'entreprises de paysage n'ont donc besoin d'une décennale que ponctuellement, sur les chantiers qui comportent une part de maçonnerie paysagère.

La RC pro couvre les dommages causés à un tiers pendant ou après un chantier - un plant qui abîme une canalisation, un outil qui casse une clôture voisine, un accident sur le chantier. Elle s'active sur demande, et sa durée de prescription est plus courte.
La décennale, elle, couvre spécifiquement les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant dix ans après la réception des travaux - même si l'entreprise a fermé entre-temps (voir plus bas). Elle se déclenche automatiquement dès la réception, sans que le client ait à prouver une faute.
En résumé : la RC pro est quasi systématique pour toute entreprise de paysage. La décennale ne se déclenche que sur la part "construction" du chantier - et un devis qui mélange plantation et création d'un muret doit, en toute rigueur, être couvert par les deux.

Les tarifs varient fortement selon le statut et le chiffre d'affaires, mais les ordres de grandeur observés chez les courtiers spécialisés en aménagement paysager sont à peu près les suivants :
| Profil | Décennale annuelle (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Auto-entrepreneur / micro-entreprise | ~1 000 à 1 200 € |
| PME, CA autour de 250 000 € | ~2 000 à 2 300 € |
| Structure plus importante | 3 000 € et plus |
Ces montants dépendent du volume de chantiers avec ouvrage (plus il y en a, plus la prime grimpe), de l'historique de sinistres, et du courtier. Un comparateur en ligne donne une fourchette en quelques minutes, mais le prix affiché en premier n'est pas toujours celui qui couvre le mieux les spécificités du paysage - vérifier que le contrat mentionne explicitement "aménagement paysager" ou "travaux paysagers" évite une mauvaise surprise en cas de sinistre.

Le statut ne change rien à l'obligation elle-même : dès qu'un auto-entrepreneur réalise des travaux qui engagent un ouvrage, il est soumis à la même obligation de décennale qu'une SARL ou une EURL. La différence se joue sur le tarif (souvent plus accessible, calculé sur un chiffre d'affaires réduit) et sur la vigilance à avoir : beaucoup de micro-entrepreneurs pensent, à tort, qu'un statut simplifié dispense d'une assurance construction. Ce n'est pas le cas, et l'absence de décennale sur un chantier qui en relevait est une infraction pénale (article L243-3 du Code des assurances), pas seulement un risque commercial.

Deux situations distinctes reviennent souvent :
Résilier un contrat se fait comme n'importe quelle assurance pro - à l'échéance annuelle, avec un préavis à respecter (généralement deux mois), ou via la loi Hamon après la première année pour certains contrats. Attention : résilier sans reprise immédiate laisse les chantiers déjà réceptionnés sans couverture pour le reste des dix ans - la décennale se souscrit chantier par chantier dans les faits, pas seulement au niveau de l'entreprise.
Faire jouer la garantie après la fermeture de l'entreprise est le cas qui inquiète le plus les artisans : la décennale reste active dix ans après réception, indépendamment du sort de l'entreprise, parce que la prime a été calculée pour couvrir cette durée dès la souscription. Le client s'adresse à l'assureur, pas à l'entreprise disparue - c'est précisément la raison d'être de cette garantie, construite pour survivre à la structure qui l'a souscrite.
Quand une commune du Var atteint son seuil de demandes, elle est proposée à une seule entreprise - la première qui répond. Laissez votre e-mail pour être averti dès qu'une commune s'ouvre, avant qu'un confrère ne la prenne.
Message envoyé.
Nous répondons sous 24 heures ouvrées, à l'adresse que vous venez d'indiquer. Pensez à regarder vos indésirables : la première réponse y atterrit souvent.
Objet : Prochaine commune - être tenu au courant
Les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (infiltration, affaissement, fissure structurelle) pendant dix ans après la réception des travaux - pas les malfaçons esthétiques mineures, qui relèvent d'autres garanties.
Oui, dès que les travaux réalisés engagent un ouvrage au sens légal (muret, terrasse, bassin, drainage). Le statut d'auto-entrepreneur ne dispense de rien - l'absence de décennale sur ce type de chantier est une infraction pénale, pas un simple manquement commercial.
Dix ans à partir de la réception des travaux, quel que soit le devenir de l'entreprise entre-temps - c'est justement l'intérêt de cette garantie pour le client.
Dans la majorité des cas, oui. La RC pro couvre l'activité courante (dommages aux tiers, accidents), la décennale ne couvre que la part "ouvrage" des chantiers. Une entreprise qui fait à la fois de l'entretien et de la création de murets ou de terrasses a besoin des deux, pas d'une seule au choix.
Le client active la garantie directement auprès de l'assureur, qui reste engagé pendant les dix ans quel que soit le sort de l'entreprise. C'est pour cette raison que la décennale ne peut pas être "résiliée" au sens où le risque disparaîtrait avec elle - la prime déjà versée a financé cette durée.
Une attestation d'assurance décennale, remise avec le devis ou la facture, mentionnant explicitement l'activité couverte ("travaux paysagers", "aménagement extérieur"). C'est ce document que le client transmettra à son tour lors d'une revente si le chantier concerné est encore dans sa période de dix ans.